Avantages
Point positif : la solidarité entre collègues. Partager une expérience aussi intense a permis de créer des liens forts et sincères. Comme souvent, les épreuves rapprochent.
Inconvénients
J’ai travaillé dans cette entreprise qui se présentait comme « humaine » et « bienveillante ». Sur le papier, la promesse était séduisante. Dans la réalité, il s’agissait surtout d’un remarquable exercice de communication… interne comme externe. Le salaire, d’abord, était à la hauteur des ambitions de l’entreprise : modeste et surtout figé dans le temps. Les augmentations semblaient appartenir à la catégorie des légendes urbaines, évoquées mais jamais observées. Le management, quant à lui, mériterait presque une étude de cas. La directrice excellait dans l’art du grand écart : un jour, votre travail était qualifié de « meilleur jamais réalisé », et le lendemain, vous receviez trois e-mails de reproches, avec le PDG en copie. Une méthode de communication aussi déstabilisante qu’infantilisante, qui installait un climat de méfiance et de peur au sein de l’équipe. Les sollicitations étaient constantes, contribuant à un stress permanent. Ce contexte explique sans doute le turn-over impressionnant du service marketing : en l’espace de six mois, plusieurs collaborateurs ont quitté le navire, tous pour des raisons similaires liées à un management pour le moins… perfectible. Certaines remarques resteront gravées dans les mémoires, notamment celle affirmant que « si l’entreprise comptait davantage de personnes comme moi, elle coulerait ». Une formule élégante pour encourager la motivation des équipes. L’initiative personnelle n’était pas particulièrement valorisée. Bien au contraire, elle était perçue comme suspecte. Le mot d’ordre implicite semblait être : « appliquer et faire comme un robot ». Dans la même logique, la confiance brillait par son absence, remplacée par un suivi minutieux des agendas numériques, à l’heure près, avec des représailles en cas d’écart. Côté moyens, la créativité devait souvent composer avec le système D. Faute d’outils professionnels, l’utilisation du matériel personnel était la norme. Lorsqu’une demande d’équipement a finalement été formulée, la réponse fut à la hauteur des attentes : un téléphone endommagé, exhumé d’un placard.