Avis sur Matmut

3,8

77 % recommanderaient cette entreprise à un proche

(1 avis au total)
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Nicolas Gomart

100 % approuvent le PDG

Perspective commerciale positive 53 %

Avis par intitulé de poste

1 avis
2,0
30 oct. 2020
Recommande
Approbation du PDG
Perspective commerciale

Avantages

Selon vos attentes et compétences, vous trouverez des avantages ou pas.

Inconvénients

Mon avis est bien sûr subjectif et n’engage que moi. Mais puisqu’il est permis ici de l’exprimer, je fais le choix de partager mon expérience. Même lorsque je suis affirmatif, je n’exprime que mon propre point de vue. La Matmut n’est sans doute pas le pire des employeurs du secteur assurantiel. Loin de là. Pour autant, il est possible d’y souffrir énormément si l’on a pas intégré les spécificités organisationnelles de ce groupe. Je m’attarderai plus spécifiquement sur le rôle de conseiller en assurances en Agence que j’ai occupé le plus longtemps dans différentes régions. Une agence c’est avant tout un responsable d’agence, celui qui donne la cadence, motive, transmet. De ce point de vue, les bons responsables d’agence sont extrêmement rares à la Matmut. Les responsables sont issus de la promotion interne et malgré un parcours de formation Matmut, leurs aptitudes managériales sont proches de zéro. Dans mon propre parcours, j’ai peiné à comprendre comment mes responsables, après des années d’exercice, pouvaient encore être d’aussi mauvais managers. Leur savoir en matière d’encadrement ne faisait pas seulement défaut au plan théorique et académique mais aussi au plan pratique. On sait tous qu’un savoir-faire peut s’acquérir sur le terrain mais à la Matmut, 20 années d’activités ne semblent pas suffisantes pour qu’un responsable d’agence ait appris les bases de son métier. Il va de soit que les responsables travaillent tout de même, et souvent beaucoup, mais tellement mal que vous en aurez envie de pleurer. Sachez d’ailleurs, si vous en arrivez là, que c’est tout à fait normal et voulu ainsi. Et c’est là une des spécificités de la Matmut. Vous ne pleurerez pas seulement à cause de votre charge de travail, mais surtout parce que l’absurde auquel vous serez contraint, et sa répétition, finiront par atteindre votre moral. A moins que vous ne valiez pas mieux que votre supérieur, auquel cas, vous serez comme un poisson dans l’eau et pourrez participer avec votre supérieur à l’exclusion de vos collègues qui pensent et souffrent. Cette considération m’amène à parler des conseillers. Ils appartiennent à deux catégories bien distinctes mais ont tout de même en commun une chose : la peur. Ceux qui ont peur de quitter la Matmut mais veulent y gagner un maximum seront proches du manager et participeront souvent à ses dérives, management par objectif, critiques, exclusion... en matière de dérives sachez que vous pourrez tout voir. On pourra par exemple vous reprocher de ne pas suffisamment recevoir de clients, au moment même où un collègue gèrera son courrier personnel, tranquillement à son bureau. C’est une situation que j’ai vécu, les privilèges des conseillers les plus proches du responsable sont sans limites et au delà de l’imaginable. La deuxième catégorie de conseillers à peur aussi, mais n’est pas capable de dénigrer avec le responsable, elle est donc tout droit désignée pour être dénigrée, à des degrés différents, selon l’appétit du responsable et de ses suiveurs. Par chance, ils aiment souvent varier les plats et votre tour passera rapidement. Vous servirez tantôt d’entrée, tantôt de plat de résistance, tantôt de dessert. Vous serez aussi la cerise sur le gâteau quand vous prendrez la porte. Un graal pour les responsables d’agence... réservé aux plus aguerris qui maîtrisent l’institution à la perfection ainsi que ses failles RH. Si dans votre agence, un conseiller à déjà quitté la Matmut, c’est peut-être que votre responsable a voulu vérifier jusqu’où pouvaient aller ses « compétences managériales ». Le management par objectif et l’exclusion sont les deux polarités entre lesquelles vous devrez constamment naviguer à la Matmut. Votre supérieur, dans une grande majorité des cas, ne saura pas vous encourager mais fera semblant de le faire. Vous pourrez observer ce double discours permanent et vous constaterez qu’ils se chevauchent parfois. Votre responsable pourra par exemple vous encourager à conseiller au mieux, tout en tenant à la main un tableau Excel « fabrication maison » prouvant que vos collègues vendent plus que vous. C’est ainsi que vous devrez parfois vous expliquer longtemps pour expliquer que vous n’avez pas vendu un « contrat sup » à un client sur la paille qui venait justement payer un arriéré de cotisation... Quant à l’exclusion, à différents niveaux, elle est aussi l’outil principal du responsable d’agence. Il faut bien comprendre que le manager n’a pas la possibilité de récompenser les conseillers par des primes sur objectifs, puisque les objectifs sont censés ne pas exister. Les augmentations sont aussi peu nombreuses et rares, rapportées au nombre de conseillers. Les managers ne sachant pas manager ont donc dû inventer une monnaie d’échange avec les conseillers. Si ils ne peuvent les valoriser, ils peuvent toujours les dégrader, et c’est là la monnaie d’échange. En gros, ce que vous vivrez c’est : Je te laisse tranquille si tu vends coûte que coûte et si tu te montres complaisant avec mon incompétence, sinon j’exercerai mon seul pouvoir qui consiste à te dénigrer et si je le veux, à te pousser vers la porte. Peu ou prou, vous pourrez vérifier tout cela. Il y aurait beaucoup à ajouter mais je pense qu’un Conseiller débutant aura là les bases pour se repérer dans son agence. A lui de faire le choix de son camp. Être un suiveur du responsable d’agence est une bonne option. Sur le plan morale et, dans les cas de harcèlement, sur le plan pénal, il s’agira de jouer avec le feu. Mais vous serez protégé, avec votre responsable, par des RH qui chercheront avant tout à épargner la Matmut. La force du collectif et son inertie à évoluer jouera pour vous. Être victime du collectif est la deuxième option, moins durable mais plus enrichissante au plan humain. Elle offre, en outre une nuance, une zone grise où, si vous savez la jouer finement, vous serez relativement épargné. Il s’agira de vendre suffisamment de contrats pour que votre responsable ne prenne pas le risque de vous froisser tout en refusant de rejoindre le statut de suiveur qui vous pousserait en limite de votre morale. Cette zone grise est à mon sens la meilleure option pour durer tout en continuant d’accepter son reflet dans le miroir... Elle demande toutefois une certaine expérience pour être maîtrisée. A tous, bon parcours!

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