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Comment devenir web designer

Publié par Sélim Niederhoffer

Dernière mise à jour : 29 juillet 2021
|14 lecture min.

Vous avez sans doute entendu parler du web designer, ce métier à la croisée des chemins entre informatique et créativité, et que les petites entreprises s’arrachent. 

Le métier peut faire rêver : travail à distance, autonomie… Mais être web designer demande du travail et un savoir-faire technique constamment remis à jour. 

Le rôle du web designer est crucial pour une entreprise : il crée le site web, la vitrine de l’entreprise qui lui permettra de vendre, il conçoit les applications, il crée des expériences. 

Quelles sont les qualités nécessaires pour devenir web designer ? Quelle est la réalité du métier au quotidien ? Pourquoi y a-t-il autant de noms pour ce job, autant de variantes ? UX designer, UI designer, web designer, product designer : tout ça, c’est pareil ? 

Aujourd’hui découvrez la réalité du métier de web designer !

Le métier de Webdesigner

Le rôle du webdesigner

Son rôle est de créer le site internet de l’entreprise. Il est donc responsable de son identité visuelle (de ses images, de ses animations…), de sa conception technique.

Il peut travailler en tant qu’indépendant ou en tant que salarié, dans la direction de la communication ou dans le service numérique. En tant qu’indépendant, le webdesigner confirmé peut très bien gagner sa vie. Il mérite sa place dans le top des métiers en télétravail qui peuvent faire gagner plus de 3000 euros par mois !

L’avantage du webdesigner, c’est qu’il peut travailler à distance. C’est donc un rôle idéal si vous souhaitez devenir digital nomad et voyager !

Les missions du webdesigner

Un webdesigner s’occupe en général de transformer en langage technique les visuels que lui auront donnés les graphistes. 

Selon l’entreprise et selon son expertise, le webdesigner peut lui-même établir la charte graphique et l’aspect créatif. C’est ce que font souvent les webdesigners indépendants. Lorsqu’il travaille en entreprise, il est sous la responsabilité du Chief Technical Officer

Lorsqu’il monte en grade, le webdesigner supervise le travail de toutes les équipes sur le site. Il est donc responsable des graphistes, mais aussi des développeurs et parfois les rédacteurs web.

Les compétences du webdesigner

Sur le plan technique, le webdesigner doit avant tout avoir des compétences en développement web. 

Mais il doit aussi avoir des compétences en graphisme, ou du moins en UX design pour faire des sites agréables. 

En termes de soft skills, le web designer doit faire preuve d’un mélange de rigueur, pour que son site fonctionne parfaitement, et de créativité, pour le rendre agréable. 

Il doit en outre faire preuve d’écoute envers son client, et comprendre la psychologie des consommateurs pour optimiser les sites web qu’il crée. 

Découvrez le parcours et la vision du métier de webdesigner et UX designer de :

L’interview 

1. Pouvez-vous nous donner une brève définition du rôle du webdesigner ? Votre job est-il différent de webdesigner ?

Clément Rogier : 

En tant qu’UX Designer, mon rôle est d’optimiser l’expérience utilisateur en fonction des besoins, usages des utilisateurs et de les concilier avec les enjeux business de mon client. 

Donc de simplifier l’usage que l’on peut avoir au quotidien d’un service, d’un site web, d’une application métier …

Hugo Douchet : 

Comme tu l’indiques plus haut, il devient difficile de se repérer entre nos différents métiers. 

Beaucoup de graphistes, qui sont notamment venus du monde de l’impression vers le numérique, ont directement pris l’étiquette UX/UI Designer, alors qu’en réalité leurs réalisations et leurs connaissances s’apparentent plus à du webdesign. 

L’UX / UI Designer est à la recherche d’une expérience optimale pour un utilisateur et va principalement travailler sur des applications où il sera plus pertinent. Cela demande une maîtrise à la fois des supports (smartphones, tablettes, wearables, …), mais aussi des technologies qui vont propulser leur design (langages web principalement aujourd’hui). 

Le webdesigner, lui, va avoir une approche plus artistique et créative, et va moins se soucier des contraintes techniques ou liées à l’expérience. Il sera beaucoup moins pertinent sur une application, beaucoup plus sur un site vitrine. Et malheureusement nous manquons aujourd’hui cruellement de webdesigner. La faute aussi aux prospects pour qui le terme « UX/UI Designer » sonne plus moderne, il y a une « hype », mais qui dévalorise ce métier ces derniers temps car il ne veut plus rien dire. 

Pour certains le terme « Webdesigner » devient donc réducteur alors qu’il a une réelle utilité et que l’on devrait avoir plus de designer dans cette voie. Ça nous éviterait d’avoir de plus en plus de sites trop semblables.

Geoffrey Dorne : 

Un webdesigner est une personne qui a en charge la réalisation graphique, et parfois même au niveau du code, d’un site internet qui fonctionne évidemment sur un ordinateur mais aussi sur un mobile, sur une tablette…

Il a donc en charge la réalisation graphique mais aussi l’ergonomie, les animations...

Moi je me dis “designer” mais dans ma grande casquette j’ai le métier de webdesigner. Mon travail aujourd’hui est un peu plus large que ça, parce que moi je fais le code des sites que je dessine, que je crée. Je m’occupe aussi des animations, de l’identité visuelle du site (les couleurs, la typo, le graphisme de la marque ou de l’entreprise).

En plus d’être webdesigner je suis aussi développeur.

Céline Rouquié :

Le webdesigner est la personne en charge de la réalisation d’une interface web, de la conception graphique à l’intégration HTML. De mon côté, je suis product designer. Mon métier est donc différent dans le sens où une grosse partie de mon travail concerne la compréhension en amont des besoins utilisateurs (via de la recherche, l’UX research) avant de travailler l’ergonomie (UX) et enfin le design d’interface (UI). Le tout appliqué à un produit, dans mon cas, une application mobile.

 2. Et concrètement, quelles sont les missions principales d’un webdesigner au quotidien ?

Clément Rogier : 

En tant qu’UX, mes missions sont rythmées par des observations, des interviews & tests pour m’aider à accumuler des connaissances sur les utilisateurs (comportement, modèle mental …), complétés par la récolte et l’analyse des données d’usage (parcours utilisateur …). 

Ces éléments vont me permettre de concevoir ou d’optimiser l’expérience utilisateur et de supprimer des points de friction, de simplifier un parcours … Et cela va passer par la conception de wireframes, maquettes fonctionnelles, ou de prototypes pour pouvoir itérer et améliorer le parcours utilisateur avant la phase de développement.

Hugo Douchet :

Un Webdesigner va chercher à faire du beau, de l’original. Il va créer un site vitrine, réaliser des visuels créatifs, des montages photo, s’inspirer de ce que l’on retrouve beaucoup dans l’impression pour qu’on le retrouve sur le support numérique. Il va aussi s’amuser avec du motion design, des animations, des effets visuels. 

Sa mission sera d’être le plus créatif possible, en bousculant parfois les codes. Tant pis si l’expérience pratique est mise de côté, ce qui compte dans le webdesign, c’est l’expérience graphique.

Geoffrey Dorne :  

Au quotidien, sur un projet de webdesign, il va d’abord prendre la demande du client (ses besoins, l’histoire de l’entreprise, l’identité de l’entreprise et graphique) afin d’analyser l’univers du client.

Il va questionner le client sur les raisons pour lesquelles il veut un site internet, ce qu’il souhaite mettre dedans. Il peut également conseiller le client sur ce qu’il faut et ne faut pas mettre sur le site. Il y a les aspects d’écoute et de conseil en première partie.

En deuxième partie, il va faire de la veille et des recherches pour lui suggérer des univers, des ambiances, des types de sites internet qu'il est possible de faire, pour que le client voit l’étendu des possibilités et qu’il se dirige avec le webdesigner sur une solution particulière. 

En troisième étape, il va construire l’arborescence du site. Avec le client il va choisir le nombre de pages, quelles seront les pages (accueil, index, qui sommes-nous…). Une fois que le client a validé cette liste de pages, le webdesigner va faire les wireframes, les maquettes juste en noir et blanc. Ces wireframes vont servir à travailler sur l’ergonomie (la position du logo, la taille des photos…).

Une fois que cette partie wireframe est validée avec le client, le webdesigner va habiller et faire l’habillage graphique de celles-ci, il va choisir les couleurs, la typo, les photos…

Une fois que cet habillage est validé par le client, on lui livre le découpage des maquettes, tous les éléments dont il a besoin pour le faire développer ou alors, moi par exemple, je m’occupe de développer le site également.

Si on a plusieurs clients, ces étapes peuvent se superposer durant une même journée.

Céline Rouquié :

Mettre à jour les interfaces en production (en ligne), y ajouter des pages/modules, créer des bannières, des newsletters et éventuellement même des visuels pour les réseaux sociaux.

3. Pourquoi êtes-vous devenu webdesigner ? Que faisiez-vous avant ? Qu’est-ce qui vous a attiré dans ce nouveau poste ?

Clément Rogier : 

Je suis devenu UX Designer pour mieux cerner et comprendre les besoins d’un utilisateur et pouvoir y répondre objectivement, sans être biaisé par ma propre perception. 

En début de carrière j’étais chef de projet et frustré de concevoir des services sans anticiper l’adhésion future et sans pouvoir tester les usages réels.

Hugo Douchet : 

J’ai un parcours particulier car j’ai commencé par un Bac hôtelier. Je me suis rapidement rendu compte que je souhaitais autre chose. 

En 2004 malheureusement nous n’avions pas les formations d’aujourd’hui, j’ai donc commencé par du print (métiers de l’impression), puis du webdesign. A cette époque le webdesign était peu rémunérateur car on cherchait avant tout à avoir la meilleure techno, le design était un plus, j’ai donc appris le développement. Puis les technologies ont évolué, et l’iPhone notamment a tout bousculé en apportant le responsive sur nos mobiles puis tablettes, et en cherchant à créer peu à peu des normes qui font qu’aujourd’hui, d’iOS à Android en passant par le web tout reste à peu près similaire. 

Puis je me suis rendu compte que je pouvais pas à la fois me perfectionner dans le design et dans le développement, il me fallait faire un choix car tout s’accélérait. 

J’ai fait le pari en 2015 d’arrêter le développement pour ne me concentrer qu’au design, et plus particulièrement au design produit : UX / UI. Ça a payé car les années suivantes les prospects ont commencé à comprendre qu’avec tous les clones de leurs applications (eux-même étant généralement le clone d’un autre), il fallait savoir se démarquer autrement que par la technologie, grâce au design. 

Aujourd’hui je suis toujours UX / UI Designer Freelance, avec de plus en plus de demandes pour du conseil, et j’accompagne des sociétés de toutes tailles avec différents besoins. Leur point commun reste la recherche de ROI au travers du design : améliorer leur expérience, faciliter l’accès à leurs utilisateurs, rendre plus simple des idées parfois compliquées et nouvelles, … Je n’ai pas une mission qui se ressemble.

Geoffrey Dorne : 

J’ai été designer, et donc webdesigner, juste après mes études supérieures. 

Quand j’étais étudiant je voulais faire du graphisme, du dessin, de l’illustration et j’aimais beaucoup programmer sur ordinateur.

Je me suis donc dirigé vers une école de design, les Arts décoratifs de Paris, qui m’a formée à pleins de choses, notamment le webdesign. J’ai appris à le faire et je continue encore à le faire car ça me permet de faire de la programmation et d’imaginer des ambiances graphiques, du design… 

J’arrive à joindre mes deux passions que j’ai depuis que j’ai 15 ans.

Céline Rouquié :

Je me suis orientée dans le product design parce que cette spécialité est moins sujette à la subjectivité : elle repose sur des études scientifiques et des tests et recherches utilisateurs qui rendent caduques les goûts et les couleurs des parties prenantes du projet. Dans le graphisme print, auquel je me destinais à l’origine, le commanditaire est roi et a le dernier mot. Dans le product design, c’est l’utilisateur qui prime.

4. Comment devenir webdesigner ? Quel parcours recommandez-vous pour être pertinent dans ce rôle ?

Clément Rogier : 

Tout va dépendre de son propre contexte. 

Les étudiants pourront s’orienter vers quelques écoles qui proposent désormais des cursus dédiés (Gobelins, Strate …). 

Les professionnels qui souhaitent se former pourront s’orienter vers des structures reconnues (Akiani, Axance, Le Laptop …) et potentiellement passer des certifications (UX-PM). 

Et puis de nombreuses formations en ligne, payantes ou gratuites, existent désormais (Openclassrooms, Moocdigitalmedia.paris, Interaction-design.org …). 

Et puis se tourner vers les écrits disponibles autour des sciences cognitives, du Design ou spécialisé autour de l’UX : Noam Chomsky, Alan Cooper, Donald Norman, Steve Krug, Mihály Csíkszentmihályi, Donna spencer, Susan Weinschenk, Carine Lallemand …

Et il y un vrai travail à réaliser sur sa posture pour pouvoir gérer les interactions humaines (communication non violente, empathie, bienveillance …) et adopter une démarche d’expérimentations et d’apprentissages en permanence.

Hugo Douchet : 

On devient designer avant tout par la curiosité et la passion. Il est important d’avoir de bonnes bases, pourquoi pas via des formations, mais nos métiers évoluent tellement rapidement que c’est par l’auto-apprentissage et la recherche constante que l’on réussit à progresser. Il faut observer le travail des autres, essayer de le reproduire pour comprendre les techniques, et se trouver un « style ». 

Quand on a enfin trouvé sa propre approche du design, tout devient plus facile et c’est à nous ensuite de persévérer dans la recherche autour de cette orientation, éviter de rester sur des acquis, et aller toujours un peu plus loin. Le piège reste de vouloir innover là où ce n’est pas nécessaire : c’est mal de copier, ça ne l’est pas de s’inspirer, et parfois il est plus judicieux de s’inspirer que de vouloir tout changer, car les autres se seront déjà trompé pour nous, à nous de ne pas reproduire leurs erreurs. 

Être designer c’est un travail compliqué car ce n’est pas une théorie à appliquer. Il faut savoir s’adapter, évoluer, et oser. Sortir parfois du cadre quand c’est nécessaire, ou se restreindre à plus de rigueur à d’autres moments. Il faut savoir aussi prendre en compte les contraintes de temps, et c’est peut être la plus grosse difficulté. Dans tous les métiers de création, on peut se retrouver devant une page blanche que l’on arrive pas à remplir, des idées qui passent mais qui une fois réalisées ne semblent pas si bonnes, et le temps peut parfois déstabiliser. 

Dans ce cas là, levez le nez de votre page blanche, oubliez-la, et partez à la recherche de nouvelles idées.

Geoffrey Dorne :  

Il y a beaucoup de façons différentes pour être webdesigner.

Certains font une école de design numérique ou de design en général. C’est des parcours qui peuvent être en bac +2 ou bac +5. Dans ces écoles on y étudie l’art, le graphisme, la typographie, le code et le numérique. Je recommande vraiment ce parcours car on est très bien formé et surtout comme des professionnels. On y fait des stages, des alternances. On est au contact du monde professionnel, ce qui est important car c’est un métier qui évolue très vite.

D’autres personnes deviennent webdesigner en se formant par elles-mêmes. C’est également possible mais cela prend souvent plus de temps et c’est plus difficile mais au final, ils s’en sortent également très bien.

Céline Rouquié :

Il existe une telle variété de formations différentes qu’il est difficile de faire le tri. Pour ma part j’ai réalisé tout mon parcours universitaire dans le public et j’y ai trouvé l’enseignement de très bonne qualité. Je conseillerais aux aspirants étudiants d’opter pour une formation où l’ergonomie a la part belle dans le programme. C’est un pilier du métier.

5. Vos missions préférées en tant que webdesigner ?

Clément Rogier : 

Lorsqu’en fin de mission on a eu un réel impact sur la charge de travail des utilisateurs et que les optimisations apportées sont quantifiables (Exemple : 2 heures gagnées par semaine par utilisateur après une optimisation de l’UX d’un service).

Hugo Douchet : 

Ce que j’aime surtout dans mon métier c’est de résoudre des problématiques au travers du design. Un bon design est un design qu’on oublie à l’usage, mais qu’on retient parce que l’on aura aimé l’expérience autour de cet usage.

Petite anecdote qui m’a toujours fait sourire : j’ai eu la chance de pouvoir accompagner Volpy qui est une Startup Corse avec des gens formidables. Au-delà de l’interface je les ai aussi accompagnés sur leur branding et leur logo. J’avais passé 2 jours sur des recherches de pistes pour celui-ci avec une dizaine de propositions. 10 minutes avant de présenter mes recherches à mon client, une autre idée m’est venue, pourtant plus simple et minimaliste que mes précédentes recherches. C’est celle qui aura été retenue. 

Ça résume assez bien notre métier : notre valeur n’est pas dans le temps d’exécution, mais dans notre capacité à retranscrire une idée qui viendra d’un temps énorme passé à chercher la meilleure approche.

Geoffrey Dorne : 

Mes missions préférées ce ne sont pas forcément les missions professionnelles mais plutôt mes projets personnels.

Quand j’utilise mes compétences pour faire un site internet pour une idée que j’ai en tête ou pour réagir à un sujet d’actualité. Mon mode d’expression ce n’est pas d’écrire un livre, de faire un article ou de réaliser une affiche mais c’est de faire un site internet.

Les chanteurs écrivent une chanson pour râler contre quelque chose ou dire que quelque chose est merveilleux, moi je fais un site internet. C’est ce que je préfère dans mon métier.

J’adore travailler avec les clients mais ce que j’aime vraiment c’est de me dire que dans ma palette de compétences j’ai pleins de pinceaux, et j’ai un pinceau qui est le webdesign, et quand quelque chose me touche ou m’interpelle, j’utilise ce pinceau pour faire une création. 

C’est vraiment ce que je préfère dans mon métier.

Céline Rouquié :

En tant que product design c’est la partie recherche utilisateur que j’affectionne le plus car elle est vecteur d’une quantité incroyable d’enseignements.

Trouvez le poste de web designer de vos rêves !