Télétravail

Travailler à Paris et vivre en province : ce que vous devez savoir avant de vous lancer

Publié par Sélim Niederhoffer

Dernière mise à jour : August 26, 2021

Pour de nombreux salariés, la crise sanitaire a rebattu les cartes : on voit de plus en plus de collaborateurs qui souhaitent travailler à Paris et vivre en province.

On a lu de nombreux témoignages de DRH qui ont « perdu » des salariés pendant les confinements : ces derniers ont déménagé, sans prévenir l’entreprise, et vivent désormais en région, tout en gardant leur contrat avec leur entreprise.

Si vous souhaitez quitter Paris pour profiter d’une meilleure qualité de vie en province, voici quelques pistes pour votre réflexion.

Attention ! Il ne s’agit pas d’un match Paris VS la province. Les deux possèdent leurs avantages comme leurs inconvénients.

Mais dans une vie professionnelle, peut-on vraiment travailler à Paris et vivre en province sans sacrifier sa carrière ?

1. Les  4 bonnes raisons de quitter Paris et de s’installer en province

Tous ceux qui ont vécu à Paris vous le diront : ils vivent désormais dans des surfaces plus grandes, pour le même prix ou moins cher. En province, l’immobilier est moins cher, c’est un fait que vous vérifierez facilement en ligne, sur les sites des agences immobilières de votre future ville de résidence.

Ensuite, pour ceux qui aiment la nature, Paris et ses poumons verts asthmatiques ne peuvent rivaliser avec le Vercors, la Bretagne, la côte atlantique et autres régions verdoyantes.

Par ailleurs, pour ceux qui envisagent un déménagement définitif hors de Paris : la vie familiale y est bien plus tolérée qu’à Paris. La pression sur les horaires est moindre en province. Ça permet d’être moins stressé.

Enfin, parmi les grands avantages, on retrouve le coût de la vie : les restaurants coûtent moins cher, l’accès à la culture y est moins onéreux aussi.

Attention : faites bien le calcul avant de quitter Paris ! Même si le Pass Navigo est cher, il ne coûte qu’une fraction de ce que vous coûtera réellement une voiture (nécessaire), l’essence, les assurances etc…

2. Pouvez-vous déménager alors que vous êtes en CDI ou en CDD ?

Les conventions voudraient que vous en informiez votre patron ou le service RH. Cependant, le lieu de résidence n’est pas un motif de discrimination négatif légal (on peut encourager, discriminer positivement ceux qui habitent plus près de leur lieu de travail mais pas sanctionner ceux qui habitent plus loin, voir les textes sur le droit du travail et le lieu de vie du salarié).

Vous pouvez déménager en province et travailler à Paris l’esprit tranquille, tant que votre nouveau lieu de vie n’a pas d’impact négatif sur votre productivité.

Et si vous arrivez plus tard ? Et si vous devez partir plus tôt à cause des horaires de train ? Et si un mouvement de grève paralysait le trafic feroviaire et vous bloquait en province ?

Anticipez ces cas de figure, parlez-en à vos équipes afin de mettre en place le télétravail !

3. Travailler à Paris et vivre en province : quels moyens de transport ?

Comment font ceux qui ont décidé de travailler à Paris et de vivre en province ?

Ils prennent la Navette, l’offre d’Air France pour rejoindre la capitale depuis Nice, Montpelier et Toulouse. 30 minutes max d’attente pour ces salariés qui peuvent passer 3 à 4 jours par semaine à la capitale avant de rejoindre leur famille pour 3 jours de week-end.

Parmi tous les ex-Parisiens, on rencontre d’autres salariés qui eux ont opté pour le TGV, qui les mène rapidement de Bordeaux, Rennes, Lille, Strasbourg, Lyon à Paris.

Quelles sont les villes idéales qui se détachent du lot pour vivre en province mais continuer de travailler à Paris ?

4. Où s’installer en province quand on travaille à Paris ?

L’objectif, quand on déménage en province, est de bénéficier d’une meilleure qualité de vie. Parmi les critères souvent évoqués par ceux qui quittent Paris se trouve la distance acceptable, la durée du trajet qu’ils vont désormais effectuer pour se rendre au bureau.

Nous avons exclu de cette liste toutes les villes de la Grande couronne, du Grand Paris : la banlieue, ce n’est pas Paris, mais ce n’est pas la province non plus ! (et ça mérite donc un article en soi)

Découvrez ci-dessous 7 villes à une heure de Paris, 7 villes à 2 heures de Paris, et 5 villes à moins de 3 heures de Paris.

Si le trajet d’une heure est plébiscité par de nombreux ex-Parisiens, celui de deux heures n’est que très rarement effectué au quotidien.

Quant à ceux qui vivent en région à plus de 3 heures de la capitale et se rendent à Paris pour le travail, ils ne font généralement qu’un seul aller-retour par semaine en train.

7 villes à une heure de Paris

Vendôme, Arras, Reims, Le Mans, Evreux, Chartres, Lille ... ces sept villes de province sont toutes situées à moins d'une heure de train de Paris. 

Pratique pour faire l’aller-retour au quotidien. Au fond, c’est à peine plus de temps que le trajet moyen d’un francilien pour se rendre sur son lieu de travail (la moyenne est de 53 minutes pour un Parisien)

7 villes à 2 heures de Paris

Un peu plus loin, le match au sommet des villes à deux heures de Paris oppose la capitale du vin à la capitale des Gaules : Bordeaux ou Lyon font partie des villes très prisées par ceux qui veulent quitter Paris, mais rester dans une grande ville.

Nantes, Dijon, Angers, Strasbourg ou Rennes complètent la liste des villes accessibles en deux heures ou moins.

La plupart de ces villes seront parfaites pour vous si vous passez trois ou quatre jours à Paris, et le reste en province.

5 Villes à moins de 3 heures de Paris

Marseille, La Rochelle, Boulogne-sur-mer, Saint Malo, et d’ici 2030, Toulouse grâce à la prolongation de la LGV Paris-Bordeaux (investissez à Toulouse, début des travaux en 2024 !)

Ils vivent en province et travaillent à Paris : 2 témoignages

Nous avons eu la chance de pouvoir recueillir les retours d’expérience de deux ex-Parisiens qui ont fait le choix de quitter Paris pour vivre en province.

Vous verrez qu’ils mettent tous les deux l’accents sur l’organisation !

Voici le témoignage d’Anne-Laure Parmantier, directrice associée de l’agence de communication Santa Blabla :

1. Pourquoi avez-vous fait ce choix ? 

Après une enfance passée au vert puis 16 ans à Paris pour les études et la vie de jeune adulte festive et active, est arrivée l’envie d'une vie plus stable, de fonder un foyer et de faire un enfant. 

Ainsi les joies et plaisirs de Paris sont devenues compliqués à gérer : les trottoirs alambiqués, les heures d’attentes pour le brunch du moment, les terrasses de café à la touche-touche, le parcours du combattant pour trouver crèche / nounou / appart décent avec une chambre en plus, un ascenseur et du double-vitrage / des parcs pas bondés… (rayer la mention inutile). 

A ce moment-là, la ville lumière s'obscurcit et l’appel du vert, du calme et de l’espace se fait ressentir. 

2. Est-ce que c'est difficile à mettre en place ? (avantages-inconvénients)

Oui et non.

Il faut bien border le projet : Quelle région ? Se rapproche-t-on de la famille ? En ville ou à la campagne ? Proximité de la gare ? Travaux ou pas ? Achat direct ou location pour tester la région ? 

L’idée est de prendre conscience de ce que l’on perd (dans mon cas, facilité du quotidien, vie culturelle riche et proximité avec les copains) et de ce que l’on gagne (voir son enfant vivre dans la nature et au calme, apprécier une vie beaucoup plus douce, consommer de façon plus simple, s’ouvrir à davantage de gens et d'univers et vivre des moments bien plus qualitatifs avec les amis qui viennent à la maison.) 

3. Est-ce que les clients le savent, l'acceptent facilement ?

L’année 2020 a clairement changé la donne auprès des clients, nous nous sommes rendu compte que nous étions aussi efficaces en télétravail et distanciel. Nous avons réinventé nos méthodes de travail, nos liens et avons appris à travailler différemment et mieux parfois.

Le présentiel reste très important pour échanger avec les équipes, vivre des moments importants entre collaborateurs et bien sûr capter le non verbal. Et dans mon cas je suis intensément présente et très disponible auprès de mes équipes quand je suis à Paris.  

4. Quels conseils donneriez-vous à ceux qui envisagent le projet ? 

S’organiser ! 

Evidemment un projet comme celui-ci comporte son lot de complications et n’est pas parfait : avec son partenaire (de vie mais aussi de travail si dans mon cas on est associé) il faut discuter des avantages mais aussi des inconvénients et des minis frustrations éventuelles afin d'éviter de se sentir toujours entre 2 trains ou pas totalement en phase avec son choix. 

Tout est une question de vue de l’esprit, pour moi le train est une bulle où je peux travailler sans être dérangée et me permet d’avancer sur beaucoup de sujets. Quand j’arrive à Paris je me conditionne et suis focus sur mon job à 100%, dans l’autre sens, dès que j’aperçois les montagnes au loin, je suis plus apaisée.

Découvrez le témoignage d’Arnaud Pottier-Rossi, Directeur Général Associé de l’agence Kalaapa :

Pourquoi avez-vous fait ce choix ? 

Il y a 11 ans, au même moment ou je co-créais Kalaapa avec mon associée Cécile Ponchel à Paris, je me mettais en couple avec ma femme qui elle vivait dans le sud de la France.
Il s’est posé la question de vivre tous les deux à Paris, mais lorsque nous nous projetions et envisagions de fonder une famille, il nous semblait plus opportun de rester dans le sud pour la qualité de vie familiale.

Et puis nous sommes attachés à la vie sous le soleil.

Est-ce que c'est difficile à mettre en place, de travailler à Paris et de vivre ailleurs ?

Tout projet rencontre ses difficultés.  

Mener un projet de vie et de travail dans une ville, ce n’est déjà pas simple, alors lorsqu’il s’agit d’être bi-résidentiel, cela complique en effet pas mal les choses.

Tout d’abord d’un point de vue financier, c’est bien évidemment plus coûteux : 2 domiciles, des frais de transports (train, avion…).

D’un point relationnel et émotionnel, là aussi c’est compliqué. Il faut un conjoint qui accepte et qui prenne en charge la vie familiale quand vous n’êtes pas là. Dans mon cas c’est 4 soirs par semaine, toutes les semaines, où je ne suis pas à la maison.

C’est aussi un mode de vie étrange pour les enfants, même si pour ma part ils sont habitués à ce rythme depuis leur naissance. Même du coté amical cela peut créer des frustrations, vous avez toujours l’impression d’être entre deux mondes.
Cela ne laisse que très peu de place à l’imprévu et aux surprises. L’invitation à la dernière minute des amis ne peut être assouvie.

Alors pourquoi continuer me direz-vous ?

Parce que c’est, à ce jour, le meilleur mix que je connaisse pour vivre pleinement des missions passionnantes professionnellement (centralisation des métiers du marketing et de la communication à Paris) et des week-ends reposants, dans l’une des plus belles régions de France qui offre la mer, la montagne et ses 2 700 heures d’ensoleillement annuelles.

Est-ce que les clients le savent, l'acceptent facilement ?

Oui, si nous sommes transparents avec eux et bien organisés.
Au début je faisais 10 jours à Paris, 1 semaine à Nice, mais cela générait un manque de réactivité pour les rendez-vous. Je suis donc passé à ce rythme, 3 jours par semaine à Paris.

Nous prévenons nos clients dès le début de la relation que je privilégie les rdv physiques sur ces 3 jours. Parfois, il y a les urgences et les exceptions, qui impliquent que nous devons être agiles, et répondre aux besoins de nos clients.

Je pense que le contexte COVID-19 a permis de désacraliser les rendez-vous en présentiel et que le modèle de bi-résidentialité et des rendez-vous à distance seront de plus en plus acceptés.

Quels conseils donneriez-vous à ceux qui envisagent le projet ? 

Prendre le temps de la réflexion et de concertation : essayer de voir quelles seraient les possibilités d’organisation et leurs impacts d’un point de vue financier et relationnel avec vos proches, vos associés et collaborateurs.

Tester et adapter pour trouver l’organisation optimale.

Avoir l’agilité : faire preuve de la plus grande souplesse pour répondre aux besoins de vos clients ou de vos collaborateurs.

Faire des pauses : il est important de faire des breaks de temps en temps dans cette « schizophrénie de la bi-résidentialité » pour ne pas saturer. Pour ma part, j’essaie les deux mois d’été et les vacances de fin d’année de ne pas bouger en étant à 100% en télétravail.

Enfin, n’oubliez pas d’investir dans une bonne valise 😉 !

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