Conseils de carrière

Démission et COVID 19 : la crise sanitaire, cet électrochoc positif ?

Publié par Sélim Niederhoffer

Dernière mise à jour : August 27, 2021

« Le monde d’après » et sa pollution en baisse, ses dauphins de retour à Venise, la hausse des salaires et la paix dans le monde : tout ça ne s’est pas produit à la suite des confinements successifs.

La crise sanitaire, pour de nombreux Français, a été un moment d’interrogation, l’occasion de faire le point sur nos choix de vie. A quoi servons-nous ? Comment pouvons-nous être utiles ?

A l’heure où les images mortelles et les courbes de contamination explosaient, nombreux sont les salariés français qui ont décidé de tout remettre à plat.

Vie amoureuse d’un côté, avec une explosion des divorces, des cas de maltraitances familiales, et vie professionnelle de l’autre. Pourquoi ce job ? Pourquoi cette entreprise ? Rester à Paris est-il nécessaire ?

Depuis plus d’un an, Glassdoor vous accompagne pour prendre les bonnes décisions professionnelles dans cette phase d’incertitude.

Autour de nous, un phénomène nous a marqués : les démissions en série, les changements de voie, les changements de vie à cause du COVID-19.

1. Le coronavirus : un coup de pouce vers la sortie et la démission ?

Myriam nous confie qu’elle détestait son job.

« Très rapidement, la lassitude est apparue avec ces réunions interminables sur Zoom. C’était très compliqué de travailler depuis chez moi avec mon mari et mes deux jeunes enfants. Je n’arrivais plus à donner du sens à mon travail, et j’étais tendue, triste, en colère. Alors j’ai beaucoup lu. Je suis tombée sur des sites spécialisés sur la reconversion professionnelle, et j’ai lu des livres pour changer de vie, notamment Pose ta dém de Charlotte Appietto. Après un bilan de compétences, j’ai réfléchi à ce que j’aimais faire et je me suis rapprochée des structures de petite enfance de mon quartier. J’ai envie d’être utile, et je pense que je trouverais mieux ma place auprès des jeunes enfants. »

Thomas était contrôleur de gestion et prenait le RER tous les matins. Ce jeune père s’interrogeait sur le sens de son travail, et arrivait toujours à la même conclusion : c’est un bullshit job, moi ou un autre, c’est la même chose, et ça ne me plaît pas vraiment.

Le seul souci pour lui, c’était la prise de risques. Il n’a jamais été à l’aise avec le risque, et cherchait déjà depuis plusieurs mois à déménager à Lyon, pour être plus proche de sa famille. Après le premier confinement où il confie avoir failli « exploser » dans son petit appartement parisien, il a pris la décision de tout plaquer pour se rendre utile, et aider son père à digitaliser le restaurant familial qui a lui aussi beaucoup souffert à cause du coronavirus.

« C’est très Tanguy de rentrer chez ses parents à 36 ans, mais au moins, je vois tous les jours l’impact de mon travail, je me sens utile. C’est un peu compliqué avec ma femme car le déménagement s’est fait rapidement, mais j’ai confiance en nos capacités à rebondir ! »

Linda, enfin, nous raconte son cheminement :

« Avant la COVID j'avais le poste dont j'avais toujours rêvé. A savoir, Directrice de la communication France & Benelux pour un grand groupe mondial dans le secteur de l'optique, un CDI, des congés payés, une voiture de fonction... des petits détails qui pour certains font la différence et qui ne sont pas négligeables. Je me posais depuis plusieurs mois la question de changer complètement de voie, mais la peur du changement me faisait repousser l'échéance. Puis la COVID est arrivé et à tout bousculé. J'ai compris que mon rôle de DIR COMM n'était plus indispensable au sein de la société quand j'ai été l'une des premières à être mise au chômage partiel et la dernière à réintégrer l'équipe... 

Pendant ces mois de chômage j'ai travaillé sur ma potentielle reconversion, fait un bilan de compétences, lancé des projets notamment en lien avec les femmes pour les aider à se sentir mieux dans leurs corps et dans leurs têtes. Après toutes ces années, j'avais envie de faire du bien aux autres et retrouver cette connexion humaine que j'avais perdue en étant dans une grosse structure ou l'humain n'existait plus. »

2. La COVID-19 comme étincelle totale et soudaine

Pour Lara, un changement brutal de carrière s’impose : à cause du Covid-19, elle a subi un licenciement économique.

Elle fait partie de ses 30.000 salariés qui ont fait l’objet d’un PSE (plan de sauvagarde pour l’emploi) : le chiffre a triplé en 2020 par rapport à 2019. (Source)

Elle nous confie que « ce n’est pas si grave pour moi. Je songeais à quitter mon travail depuis un bon moment, mais je n’ai jamais osé le faire. Sur la fin, je n’aimais plus mon travail, mais je ne pouvais pas me permettre de le quitter, alors ce coronavirus et ce plan de départ sont une aubaine que j’ai été ravie de saisir. »

Thibaut, lui, est slasher : il est à la fois photographe et pro de la communication sur les réseaux sociaux et travaille comme freelance. A l’époque, ce Français travaillait au Canada quand la Covid-19 est apparu.

Il a choisi de revenir en France pour être au plus près de ses parents, déjà âgés et forcément dans la population décrite comme « à risque ».

Ce retour en France lui a fait prendre conscience qu’il souhaitait comme tant d’autres vivre en province, et toujours travailler à Paris (et trouver des clients à Paris).

Ambre, mère célibataire, a aussi partagé avec nous sa prise de conscience survenue au beau milieu de la pandémie :

« Avant la Covid, j’étais dans une super équipe, un bon salaire, une trajectoire de carrière au sein d’un grand cabinet d’audit. Sauf que en tant que mère célibataire, lorsque le confinement est arrivé, j’ai tout de suite été mise en chômage partiel… Au bout de 6 mois, je ne voyais plus le sens de mes missions et surtout je refusais de retourner à Paris dans une vie où je ne voyais quasiment pas mon fils ! J’ai demandé une rupture conventionnelle dès la rentrée et 2 semaines après j’étais en Gironde. 

J’ai fait un gros travail de développement personnel pendant le confinement avec des séances de coaching, thérapie brève, yoga... et puis au final  mon besoin de redonner du sens à ce que je fais et de re-connexion à la vie a pris le dessus.

Ça faisait 10 ans que j’étais à Paris et ces 5 dernières années je voulais quitter la capitale sans en avoir le courage, donc finalement, merci Covid. C’est lui qui m’a remise en mouvement ! »

3. Démission et Covid 19 : pas celle que vous croyez.

Stéphane, 34 ans, témoigne de manière anonyme et lui aussi, sa carrière a basculé à cause de la Covid 19.

« Nous ne sommes pas très nombreux je pense dans mon cas. Quand tu promets de dédier ta vie à sauver celle des autres, quand tu es infirmier, la mort fait partie de ta vie. Mais chez nous, dans cet hôpital parisien, c’était trop et j’ai craqué. La cadence était infernale, nous n’avions aucun soutien, et je ne sais vraiment pas comment j’aurais pu tenir plus longtemps. J’étais usé. »

Pas du genre à se laisser abattre, Stéphane a décidé de faire de sa passion un métier : « J’ai toujours aimé la menuiserie, alors je suis actuellement une formation financée par Pôle Emploi. Ça va prendre un peu de temps mais je me sens à ma place. »

Envie de prendre un nouveau départ ?

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