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Le lundi de Pentecôte 2023 : un jour férié forcément chômé et payé ?

Sélim Niederhoffer

Sélim Niederhoffer

Sélim Niederhoffer, auteur et expert carrière à Glassdoor | 9 janv. 2023

Le lundi de Pentecôte est un jour férié, mais qui peut être travaillé. Est-il forcément payé ? Pouvez-vous refuser de travailler le lundi de Pentecôte ? La journée de solidarité a-t-elle obligatoirement lieu le lundi de Pentecôte ? Pouvez-vous partir en weekend prolongé le lundi de Pentecôte alors que vous devez effectuer votre journée de solidarité ? Glassdoor répond à toutes vos questions sur le lundi de Pentecôte.

Le lundi de Pentecôte, c’est quand ?

En 2023, le lundi de Pentecôte tombe le 29 mai.

Et pour les plus prévoyants d’entre vous (ou pour les lecteurs venus du futur), voici les lundis de Pentecôte jusqu’en 2030. À vos agendas !

  • Lundi 20 mai 2024
  • Lundi 9 juin 2025
  • Lundi 25 mai 2026
  • Lundi 17 mai 2027
  • Lundi 5 juin 2028
  • Lundi 21 mai 2029
  • Lundi 10 juin 2030

Qu’est-ce que le lundi de Pentecôte ?

La Pentecôte est une fête chrétienne qui célèbre la descente du Saint-Esprit parmi les apôtres.

Elle est célébrée tous les ans, le septième dimanche après le dimanche de Pâques et se poursuit le lendemain, par un jour férié : le lundi de Pentecôte.

Suite à la canicule de 2003 qui a provoqué la mort de 15 000 personnes en France, le gouvernement français a rendu obligatoire, en 2004, une journée de travail supplémentaire pour tous les salariés, sur le lundi de Pentecôte : la journée de solidarité.

Depuis 2008, les entreprises sont libres de choisir la date et certaines modalités de la journée de solidarité.

Continuez de lire pour en savoir plus sur le lundi de Pentecôte et la journée de solidarité.

Le lundi de Pentecôte est-il férié ?

Oui, le lundi de Pentecôte est un jour férié.

Il fait partie des 11 jours fériés légaux fixés par le Code du travail (art. L3133-1). Toutefois, seul le 1er mai est obligatoirement chômé et payé (art. L3133-4).

Le lundi de Pentecôte, comme tous les autres jours fériés (sauf le 1er mai), peut donc être travaillé ou non, selon les conventions collectives ou les accords d’entreprise.

En revanche, pour les jeunes travailleurs (moins de 18 ans), les jours fériés sont obligatoirement chômés (art. L3164-6).

Note : un jour férié est un jour de fête religieuse, laïque, de commémoration ou fête nationale, prévu par la loi.

En France, les 11 jours fériés sont les suivants :

  1. 1er janvier
  2. lundi de Pâques
  3. 1er mai
  4. 8 mai
  5. Ascension (15 août)
  6. Lundi de Pentecôte
  7. 14 juillet
  8. Assomption
  9. Toussaint
  10. 11 novembre
  11. 25 décembre

Le lundi de Pentecôte : chômé ou travaillé ?

Le lundi de Pentecôte peut être soit chômé, soit travaillé.

Qui le décide ? D’après la loi n°2008-351 du 16 avril 2008, les modalités d’accomplissement de la journée de solidarité sont fixées par :

  • un accord d’entreprise ou d’établissement,
  • la convention collective,
  • un accord de branche,
  • ou par l’employeur.

Qu’il s’agisse d’un jour de repos ou d’un jour travaillé, le salarié percevra sa rémunération habituelle, sans complément (sauf disposition contraire prévue par l’accord ou la convention collective).

La Journée de solidarité est-elle obligatoirement travaillée le lundi de Pentecôte ?

Non, la Journée de solidarité n’a plus obligatoirement lieu sur le lundi de Pentecôte.

Dans ses dispositions d’origine, la journée de travail non rémunérée dite « Journée de solidarité » était obligatoirement fixée le lundi de Pentecôte.

Depuis 2008, il est possible d’effectuer la journée de solidarité un autre jour de l’année que le lundi de Pentecôte.

Comment fonctionne la journée de solidarité ?

Pour le salarié, la journée de solidarité consiste en une journée supplémentaire de travail non rémunérée. De son côté, l’employeur verse une contribution.

Le but de la journée de solidarité est d'assurer le financement d’actions en faveur de l'autonomie des personnes âgées ou handicapées (loi n°2004-626 du 30 juin 2004).

Elle est obligatoire pour tous les salariés relevant du Code du travail, qu’ils soient à temps plein ou partiel, en CDI ou CDD, intérimaires ou saisonniers.

Les stagiaires ne sont pas concernés par cette mesure car non salariés. Et les salariés de moins de 18 ans (jeunes travailleurs) ne sont pas concernés si la journée de solidarité est fixée un jour férié (comme le lundi de Pentecôte).

La journée de solidarité peut être effectuée sur :

  • un jour férié, comme le lundi de Pentecôte (mais pas le 1er mai) ;
  • un ou plusieurs jours de repos, la journée de solidarité étant fractionnable.

Comment faire si la journée de solidarité tombe sur un jour de repos ?

Que votre journée de solidarité coïncide avec un de vos jours de repos habituels ou qu’elle remplace un jour férié précédemment chômé, vous devrez travailler comme un jour de travail ordinaire, sans rémunération complémentaire (dans la limite de 7 heures, au-delà vous percevrez une majoration).

Le lundi de Pentecôte est-il forcément travaillé s'il est choisi comme journée de solidarité ?

Si le lundi de Pentecôte est choisi comme journée de solidarité, deux options s’offrent au salarié :

  1. Le lundi de Pentecôte est travaillé (sauf si vous posez une RTT ou une journée de congé) ;
  2. Le lundi de Pentecôte n'est pas travaillé car une journée de RTT a été déduite pour chaque salarié, suite à un accord d'entreprise.

Êtes vous obligé de travailler le lundi de Pentecôte ? 

Si le lundi de Pentecôte est choisi comme journée de solidarité, vous devrez obligatoirement travailler le lundi de Pentecôte.

Refuser d’effectuer la journée de solidarité est passible de sanctions disciplinaires, comme une retenue sur salaire, par exemple (Cour de cassation, 7 avril 2010).

Toutefois, vous pouvez demander un congé payé, prendre un congé sans solde, ou poser un jour de RTT.

Et si le lundi de Pentecôte n'est pas choisi comme journée de solidarité, vous ne travaillerez pas obligatoirement.

Qui paie le lundi de Pentecôte s’il est choisi comme journée de solidarité ? 

Dans le cadre de la journée de solidarité, l’employeur verse une contribution de solidarité autonomie à l’État. Cette contribution est compensée par la journée de travail supplémentaire non rémunérée, exécutée par les salariés (le lundi de Pentecôte, par exemple).

Mais, l’employeur peut aussi décider de prendre cette taxe à sa charge sans imposer de journée de travail supplémentaire, et offrir la journée de solidarité à tous ses salariés.

Comment calculer les heures du lundi de Pentecôte ? 

La durée de la journée de solidarité est fixée à 7 heures de travail.

Les salariés à temps plein ne sont donc pas rémunérés dans la limite de ces 7 heures, mais bénéficient d’une majoration au-delà.

Les salariés à temps partiel effectuent la journée de solidarité au prorata de leur temps de travail. Par exemple, un travailleur à mi-temps exécute une journée de solidarité de 3,5 heures.

Et pour les salariés au forfait jour ou au forfait heures cette limite correspond à une journée de travail ordinaire (art. L3133-8) ;

Que se passe-t-il si on a déjà fait une journée de solidarité chez un autre employeur ?

Chaque salarié n’effectue qu’une seule journée de solidarité par an.

Si vous avez changé d’employeur en cours d’année en ayant effectué votre journée de solidarité dans votre ancienne entreprise, vous n’êtes pas tenu d’effectuer une seconde journée de solidarité.

Dans ce cas, si vous travaillez le lundi de Pentecôte, les heures que vous effectuez devront vous être payées.

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Sélim Niederhoffer

Sélim Niederhoffer

Sélim Niederhoffer est un auteur expert sur le sujet de la carrière et de l'emploi pour le blog de Glassdoor. Découvrez son expérience et ses articles.