Changer de carrière après 40 ans

Changer de métier après 40 ans

Sélim Niederhoffer

Sélim Niederhoffer

Sélim Niederhoffer, auteur et expert carrière à Glassdoor | 21 janv. 2025

Changer de métier après 40 ans ? Non seulement c’est possible, mais c’est parfois nécessaire. Quête de sens, ennui au travail, stress, problèmes de santé, raisons familiales ou licenciement. Les raisons d’engager une reconversion professionnelle après 40 ans sont nombreuses et variées, mais partagent un point commun : la vision d’un avenir mieux aligné avec ses aspirations et ses valeurs. Passer le cap des 40 ans est l’occasion de réorienter vos priorités et de placer vos envies professionnelles au service de vos objectifs de vie. Comment changer de métier après 40 ans ? Quel métier choisir pour se reconvertir ? Peut-on se reconvertir sans diplôme ? Ces quelques conseils vous aideront à trouver la voie qui vous convient.

Faites le point sur vos aspirations personnelles

Avant l’action, la réflexion. On ne change pas de métier après 40 ans pour retomber dans les travers qui ont fait accepter des situations intenables dans sa jeunesse.

Avant de vous lancer dans un bilan de compétences professionnelles, faites donc le point sur vos aspirations personnelles, vos valeurs et vos qualités humaines.

Questionner une partie de sa vie peut être un travail perturbant, long et laborieux. Mais quitte à changer de vie, autant en inspecter tous les aspects, remettre à plat ce qui le nécessite et repartir d’une base saine.

Si vous ne l’avez pas encore fait, posez-vous les questions suivantes :

  • Quel est mon objectif de vie ?
  • Quelles sont les valeurs qui me portent ?
  • Où ai-je envie de vivre ? Avec qui ?
  • S’il n’était pas question d’argent, quelles seraient les situations que je n’accepterais plus ? Prenez de la hauteur pour observer la personne que vous étiez par le passé et décider de ce que vous voulez lui apporter pour les 5, 10, 20, 40 années à venir.

L’idée est de partir à la rencontre de soi-même. Apprendre à se connaître pour choisir une carrière alignée avec son soi profond, un métier mis au service de votre épanouissement.

Trouver les bons mots contribue à réaliser les bonnes actions. Prenez donc cahier et stylo et répondez à ces questions noir sur blanc. Prenez le temps de revenir sur vos réponses pour les compléter, les améliorer, les affiner et vous assurer de leur adéquation avec vos aspirations.

Si vous choisissez votre nouveau métier sans avoir réalisé ce travail d’introspection, vous courez le risque de répéter les erreurs du passé : succomber au syndrome de l’objet brillant, travailler pour l’argent au détriment de votre santé et de votre famille, accepter des conditions de travail toxiques… Si vous lisez cet article, il y a de fortes chances pour que vous ne vouliez plus ça.

Tracez votre carrière professionnelle

Une fois que vous avez réalisé votre bilan personnel, penchez-vous sur votre avenir professionnel. Quelle que soit la raison de votre reconversion professionnelle, il est indispensable de faire le point sur votre carrière.

Procédez étape par étape.

D’abord, comme ci-dessus, jouez au jeu des questions :

  • Quelles sont les missions qui vous ont plu ?
  • Quelles sont celles que vous avez détestées ?
  • Vous préférez le travail seul ou en équipe ?
  • Quelles valeurs professionnelles défendez-vous ?
  • Quelles sont celles que vous refusez ?

Puis listez vos 3 meilleures expériences professionnelles ainsi que les 3 plus mauvaises. Essayez de définir ce qui vous a réellement plu et déplu dans ces missions.

Maintenant, posez-vous les questions suivantes :

  • Suis-je là où je voulais être ?
  • Qu’est-ce que je regrette de ne pas avoir fait ?
  • Qu’est-ce que je suis fier d’avoir accompli professionnellement ?
  • Quel est mon métier de rêve ?
  • Pourquoi ce métier me plaît-il ?
  • Quel est le métier le plus accessible qui s’en rapproche ?

Votre objectif : clarifier les points les plus importants de votre carrière et prendre en compte ce que vous souhaitez réellement.

Encore une fois, prenez ce temps. Il est question de votre vie et de votre avenir. Vous méritez de vous offrir ce cadeau.

Un livre pour changer de vie avec méthode : De quelle couleur est votre parachute ? de Richard N. Bolles (éd. Reynald Goulet). Best seller de la stratégie de recherche d’emploi avec plus de 10 millions de lecteurs, l’ouvrage est constamment mis à jour pour faire face aux changements du marché du travail. Un véritable outil pour trouver votre voie !

Et si vous avez plus de 55 ans, lisez cet article spécial trouver un emploi pour « seniors », rempli de bons conseils.

Changer de voie : comment choisir votre domaine de reconversion professionnelle ?

Pour aller plus loin dans votre reconversion professionnelle et affiner vos choix de domaines, une solution courante est de réaliser un bilan de compétences.

Ces bilans font ressortir les métiers qui vous correspondent selon votre expérience, votre caractère et vos souhaits. Le secteur d’activité de votre reconversion dépendra de vos aspirations personnelles et de votre projet professionnel.

De nombreux organismes de formation offrent cette prestation payante avec de bons résultats. En plus de vous aider à faire le point sur vos compétences professionnelles, le bilan de compétences peut vous apporter les avantages suivants :

  • Vous n’êtes pas seul dans votre démarche : un professionnel qualifié vous accompagne et vous aide dans votre orientation en toute objectivité. Une aide précieuse lorsqu’on est en pleine remise en question et que l’on ne peut pas compter sur son entourage.
  • L’ouverture à des domaines que vous ignoriez : un professionnel de la réorientation professionnelle a une excellente vision de la demande des différents secteurs et peut vous orienter vers des domaines dont vous ignoriez l’existence et qui pourraient vous correspondre. C’est un point important quand on pivote professionnellement.
  • Vous profitez d’un réseau : certains organismes de formation font profiter leurs adhérents de leur réseau professionnel. Une fois trouvée votre voie, vous pouvez avoir accès à des offres d’emploi qui vous auraient été inaccessibles autrement.

Renseignez-vous donc sur les offres de ces organismes et sur leur pertinence (lisez les avis clients sur Google avis, TrustPilot ou Avis vérifiés !). Encore mieux : récoltez les avis des membres de votre entourage qui ont déjà été accompagnés dans leur reconversion professionnelle.

Quelles formations pour une reconversion professionnelle après 40 ans ?

Passé 40 ans, on n’a pas forcément l’envie ou la possibilité de se lancer dans une formation longue. Responsabilités familiales, crédits immobiliers et conditions de recrutement du secteur visé sont des « contraintes » qu’il faut prendre en compte.

Par ailleurs, le niveau de formation requis dépend du secteur de votre choix.

Contactez les organismes de formation

Une fois votre projet défini, il peut être pertinent de contacter des organismes de formation professionnelle. Ceux-ci pourront vous proposer ou vous orienter vers des cursus certifiants validés par le ministère du travail.

Voici quelques solutions :

  • Validation des Acquis de l’Expérience (VAE),
  • Certificats de Qualification Paritaire de la Métallurgie (CQPM) pour l’industrie, ou Certificat de Qualification Inter-branches (CQPI) sont des certifications professionnelles qui valident des capacités ou compétences professionnelles mises en œuvre dans l’entreprise,
  • Accompagnement personnalisé via Pôle Emploi,
  • Projet de transition professionnelle (PTP), anciennement connu sous le nom de CIF (congé individuel de formation).

Leur objectif est de favoriser l’employabilité et la mobilité des salariés entre branches professionnelles.

Créez votre entreprise

Vous avez aussi la possibilité de créer ou de reprendre une entreprise.

Dans ce cas, le site service-public.fr vous donnera toutes les informations nécessaires sur le statut le plus adapté à votre situation (micro-entreprise, EI, SA, SAS, SASU, SARL, EURL…) ainsi que sur les diplômes nécessaires pour exercer des professions réglementées.

Sachez également que de nombreuses disciplines ne sont pas réglementées et que celles-ci peuvent être exercées sans conditions ou être soumises à l’obtention d’une carte professionnelle.

Voici quelques professions non-réglementées extraites de la liste de la BPI France :

  • Accompagnateur de groupe
  • Accompagnateur de moyenne montagne
  • Agent d’enquêtes assermenté par les tribunaux
  • Agent privé de recherches
  • Analyste programmeur
  • Archéologue
  • Art-thérapeute
  • Attaché de presse
  • Audit et conseil
  • Auto-école (si exploitant et moniteur)
  • Cartographe
  • Chargé d’enquête à titre libéral
  • Chercheur scientifique
  • Coach
  • Concepteur de logiciel
  • Concepteur rédacteur
  • Conférencier
  • Conseil (artistique, en gestion, en communication,
  • d’entreprise, conjugal, etc.)
  • Consultant
  • Contrôleur technique à la construction
  • Coordinateur de travaux
  • Correspondant local de presse
  • Créateur de sites internet
  • Décorateur conseil (non inscrit au répertoire des métiers)
  • Designer
  • Dessinateur
  • Détective
  • Développeur de logiciels
  • Documentaliste
  • Économiste-conseil
  • Économiste de la construction
  • Écrivain public
  • Éducateur sportif
  • Enquêteur
  • Ergonome
  • Expert automobile
  • Formateur
  • Généalogiste
  • Géographe
  • Géologue
  • Géophysicien
  • Hydrogéologue
  • Illustrateur
  • Infographiste
  • Informaticien
  • Ingénieur du son
  • Interprète (conférencier, guide, traducteur)
  • Maître d’oeuvre
  • Moniteur de sports
  • Musicothérapeute
  • Naturaliste
  • Naturopathe
  • Océanographe
  • Œnologue
  • Paysagiste
  • Professeur (de musique, de sports, de langues, etc.)
  • Programmeur
  • Psychanalyste
  • Psychosociologue
  • Relations presse
  • Sociologue
  • Sportif professionnel
  • Statisticien
  • Styliste
  • Topographe
  • Traducteur

Inventez votre métier

Vous possédez une expertise pointue ou des « mad skills » dans un domaine hyper spécialisé ? Vous pensez qu’un marché existe et que vous pouvez vendre votre savoir-faire ? Pourquoi ne pas exploiter votre zone de génie et vous lancer dans ce domaine peu ou pas du tout exploré.

Vous pouvez aussi combiner deux compétences très recherchées pour offrir une offre unique. Par exemple, vous maîtrisez l’écriture et la conception graphique ? Voici une alliance de compétences rare qui vous permet d’offrir un confort et un gain de temps (et donc d’argent) importants à votre client.

L’avantage de tirer partie de ce que vous savez déjà faire est de vous éviter de reprendre des études à zéro. Vous gagnez du temps sur la formation initiale et vous vous lancez plus rapidement dans votre projet professionnel.

Toutefois, prenez le temps de tester la viabilité de votre offre et l’existence d’un marché avant de vous lancer corps et âme dans un métier « passion » qui ne vous fera pas gagner d’argent.

Pour approfondir le sujet de votre reconversion professionnelle, lisez aussi : La reconversion professionnelle : comment se réorienter avec succès ?

Comment financer votre reconversion professionnelle 

La question du financement de votre reconversion est un point sensible qui peut freiner les volontés de changement professionnel. Mais des solutions existent ! En voici 10 pour vous.

  1. Compte Personnel de Formation (CPF) : des crédits pour financer votre reconversion

Le Compte Personnel de Formation est un dispositif de financement public de formation continue qui permet à toute personne active d’acquérir des droits à la formation mobilisables pendant sa vie professionnelle.

Chaque année, votre CPF est crédité de 500 € dans une limite plafonnée à 5 000 €.

Il s’adresse à tous ceux exerçant ou ayant exercé une activité professionnelle dès l’âge de 16 ans (ou 15 ans dans le cadre d’un contrat de professionnalisation), à savoir :

  • les salariés (temps plein et temps partiel),
  • les demandeurs d’emploi,
  • les travailleurs indépendants,
  • les fonctionnaires,
  • les saisonniers.

Vous pouvez consulter le montant disponible en vous connectant au site web Mon Compte Formation. Celui-ci propose de nombreuses formations certifiantes et diplômantes en centre, à distance ou à suivre de manière hybride.

Une fois que vous avez choisi la formation qui vous correspond, il vous suffit de sélectionner votre cursus et de remplir le formulaire d’inscription. Vous recevrez une réponse sous 2 jours ouvrés.

Si la somme disponible sur votre CPF est insuffisante pour financer votre projet de reconversion, vous pouvez bénéficier d’un « abondement », c’est-à-dire d’un financement complémentaire qui peut prendre en charge 100 % du reste à payer dans la limite de 1 000 € par dossier.

  1. CPF de transition professionnelle

C’est une modalité du CPF mise en place dans le cadre d’un projet de transition professionnelle (PTP). Ce dispositif permet aux salariés de financer tout ou partie de leur formation certifiante en lien avec leur projet.

Concrètement, vous avez droit à un congé et au maintien de votre rémunération, totale ou partielle, pendant la durée de votre formation.

Toutes les formations au catalogue CPF sont accessibles.

Les conditions pour en bénéficier :

  • être salarié et justifier d’une ancienneté d’au moins 24 mois (consécutifs ou non), dont 12 mois dans l’entreprise, au moment où vous souhaitez débuter votre formation.

Les démarches à accomplir dépendent de la durée de votre interruption de travail :

  • Supérieure à 6 mois : vous faites une demande écrite à votre employeur 120 jours maximum avant le début de votre formation,
  • Inférieure à 6 mois ou à temps partiel : vous envoyez votre demande au plus tard 60 jours avant le début de votre formation,

Pendant votre congé de transition professionnelle, votre rémunération est prise en charge par les Commissions Paritaires Interprofessionnelles Régionales (CPIR).

  1. Le plan de développement des compétences (PDC)

Dans le cadre d’un plan de développement des compétences (PDC), les frais de formation sont entièrement pris en charge par votre employeur.

Avantages : 

  • Votre salaire est maintenu si la formation se déroule sur vos heures de travail.
  • Votre entreprise sélectionne la formation à suivre dans le but de répondre à ses besoins stratégiques tout en s’adaptant à vos besoins d’évolution professionnelle.

Vous pouvez utiliser le PDC dans le cadre d’un projet de reconversion dans le cadre d’une mobilité interne par exemple, tout en étant accompagné par votre entreprise.

Pour qui ?

  1. L’alternance (Pro-A)

La promotion par l’alternance (Pro-A) vise à améliorer l’employabilité des salariés les moins qualifiés par la formation en alternance.

Vous pouvez bénéficier d’une mobilité interne en évoluant professionnellement ou en décidant de changer de métier, en vue d’obtenir un diplôme, un titre professionnel ou une certification enregistrée au Répertoire National des Certifications Professionnelles (RNCP).

La durée de la formation est de 150 heures au minimum et doit se dérouler sur une période de 6 à 12 mois.

Avantages :

  • Vous êtes rémunéré pendant votre formation.
  • Vous acquérez de nouvelles connaissances techniques que vous mettez en pratique au cours de votre alternance dans votre entreprise.

Pour qui ?

  • Destiné aux salariés titulaires d’un diplôme ou d’un niveau de qualification inférieur à bac+3, quel que soit le contrat de travail (CDI, CDI intérimaire, CDD, CUI (contrat unique d’insertion) à durée indéterminée, salariés en activité partielle).
  • Cette remise à niveau concerne surtout les secteurs d’activité les plus en tension, comme les métiers du numérique.

À noter : la Validation des Acquis de l’Expérience (VAE) vous permet de faire valider les compétences acquises au cours de votre parcours pour obtenir une certification professionnelle.

  1. L’aide individuelle à la formation (AIF)

Cette aide financière est délivrée par Pôle Emploi.

Avantages :

  • Permet une prise en charge totale des frais pédagogiques d’une formation,
  • ou intervient en complément d’autres solutions de financement, dans le cadre d’un projet de retour à l’emploi ou d’une reconversion professionnelle.

Pour qui ?

  • Les demandeurs d’emploi inscrits à Pôle Emploi,
  • Les personnes en accompagnement Contrat de Reclassement Professionnel (CRP),
  • Les personnes en Contrat de Transition Professionnelle (CTP),
  • Les personnes en Contrat de Sécurisation Professionnelle (CSP).

Comment bénéficier de l’AIF ?

  • Faites la demande auprès de votre conseiller Pôle Emploi. Celui-ci valide la cohérence de votre projet et s’assure que toutes les conditions soient bien remplies.
  • Vous devrez fournir deux devis nominatifs d’organismes de formation.

Tous les parcours permettant d’obtenir un diplôme, un titre professionnel ou une certification RNCP d’une durée de 1 à 3 ans sont éligibles à l’AIF.

  1. La Préparation Opérationnelle à l’Emploi (POE)

Cette aide permet aux demandeurs d’emploi de bénéficier gratuitement d’une formation afin de préparer une prise de poste.

  1. Les Transitions Collectives (TransCo)

Les entreprises en difficulté peuvent faire appel à TransCo pour financer les formations des salariés volontaires qui souhaitent se reconvertir.

  1. Le Fonds National pour l’Emploi (FNE-Formation)

Ce dispositif aide à financer la formation des salariés à temps partiel et les entreprises en reprise d’activité ou en difficulté économique.

  1. Le Fonds d’Assurance Formation (FAF)

Cette solution est destinée aux travailleurs indépendants ayant besoin du financement partiel ou total de leur formation, en échange de leur contribution à la formation professionnelle (CFP).

  1. Le Compte Engagement Citoyen (CEC)

Le Compte Engagement Citoyen vous permet d’augmenter le solde de votre CPF grâce à la valorisation de vos activités de bénévolat ou de volontariat.

Découvrez des milliers d’offres d’emploi, des avis et salaires d’employés sur Glassdoor.fr

Sélim Niederhoffer

Sélim Niederhoffer

Sélim Niederhoffer est un auteur expert sur le sujet de la carrière et de l'emploi pour le blog de Glassdoor. Découvrez son expérience et ses articles.