Conseils de carrière, Les actualités Glassdoor, Salaires

Négocier son salaire : 11 mots-clés pour réussir

négociation salaire

Il serait tellement simple d’avoir une phrase magique pour pouvoir convaincre votre employeur et simplifier votre négociation de salaire.

Malheureusement dans la vraie vie, cela n’existe pas… mais, bonne nouvelle, il existe plein d’astuces ! Les mots et phrases suivantes permettent, selon les experts, de montrer la confiance et les connaissances nécessaires pour réussir une négociation.

Essayez-les lors de votre prochaine négociation, et il est fort probable que vous verrez votre bulletin de salaire gonfler !

1. « Je suis ravi de travailler avec vous »

Trop souvent, les gens voient une négociation de salaire comme un combat : on essaie d’obtenir le maximum et notre employeur fait l’inverse pour rester dans son budget. Ce genre de raisonnement peut être contre-productif, explique Roy Cohen, coach de carrière et auteur de The Wall Street Professional’s Survival Guide.

« N’engagez jamais la conversation par un ultimatum, mais plutôt sur une base collaborative permettant de définir une rémunération qui convienne à tous. Établir des priorités est le plus important, et savoir sur quels points vous êtes prêt à négocier », conseille M. Cohen.

« Sauf si vous êtes certain d’être vraiment indispensable, ce qui est rarement le cas, une négociation réussie ne doit jamais être conflictuelle. C’est un signe que la discussion peut ou va être rompue », poursuit M. Cohen.

______________________________________________________________________________________

Vous aimerez aussi :
Comment multiplier votre salaire par 2
______________________________________________________________________________________

2. « D’après l’étude que j’ai réalisée… »

Il est tout à fait normal que vous cherchiez à accroître votre salaire, mais uniquement si vous pouvez appuyer cette demande par des faits tangibles. Plutôt que d’énoncer le niveau de salaire qui vous plaît, vous devez travailler sur la valeur de vos compétences pour appuyer votre demande afin de convaincre votre employeur.

« Vous pouvez utiliser une expression du style « d’après mon étude ». Cela indique à votre interlocuteur que vous avez préparé votre affaire et que vous savez de quoi vous allez parler lors de la négociation », explique David Bakke, rédacteur chez Money Crashers.

Petite astuce pour arriver bien préparé à la table de négociations : utilisez le calculateur de salaire gratuit et personnalisé de Glassdoor Know Your Worth™ .

3. « Le marché »

Dans le cadre de votre étude, assurez-vous de bien connaître le marché de l’emploi pour votre poste, explique l’avocat du travail Alex Granovsky de Granovsky & Sundaresh PLLC. « Le marché, c’est le salaire auquel une personne peut prétendre si elle quitte son emploi et se retrouve à en chercher un autre du même type », d’après Granovsky. « Si vous gagnez 80 000 €, mais que vous pouvez en gagner 100 000 dans une autre entreprise, le « marché » vous indique que vous êtes actuellement sous-payé ». Et comme votre entreprise ne veut sans doute pas vous voir rejoindre la concurrence, elle va prendre cette donnée en compte.

4. « La valeur »

La valeur, d’un autre côté, « signifie ce que vous apportez à votre employeur », explique M. Granovsky. « Du point de vue de l’employeur, chaque employé doit soit : 1/ faire progresser le chiffre d’affaires, soit 2/ améliorer les marges (les deux, c’est encore mieux). Même si ce n’est pas aussi incontestable que le marché du travail, si vous pouvez montrer à votre employeur que vous apportez de la « valeur » à l’entreprise (sous la forme d’un chiffre d’affaires ou de marges en progression), vous pourrez mieux appuyer votre demande d’augmentation ».

Si par exemple vous pouvez prouver qu’une des initiatives que vous avez mise en place a fait gagner 100 000 € à l’entreprise, demander une augmentation de 5 000 € ne choquera pas votre employeur.

5. « Salariés de même niveau »

Oubliez ceux qui vous disent de ne pas mettre le nez dans les salaires de vos collègues, car c’est un élément important dans toutes négociations.

« Les salariés de même niveau sont ceux qui font le même travail que vous dans l’entreprise » explique M. Granovsky. « Si vous êtes directeur de comptes clients et que les autres directeurs de comptes clients gagnent plus que vous, il y a là matière à creuser ».

Bien sûr, vous n’allez pas forcer vos collègues à révéler leur salaire, mais vous disposez d’outils comme Glassdoor pour le connaître et donc savoir combien vous valez réellement.

6. « Ce chiffre peut-il évoluer ? »

Si l’employeur vous propose un salaire en dessous de votre salaire souhaité, vous devez le contrer, mais en le faisant avec tact. En demandant « Ce chiffre peut-il évoluer ? », vous « laissez la porte ouverte à votre employeur de vous proposer plus, ou de proposer des avantages potentiels si le montant du salaire est bloqué » explique M. Bakke.

7. « Je me sentirais mieux si… »

Commencer une phrase par « Je veux » ou « J’ai besoin de » peut braquer un employeur. Par contre, exprimer votre salaire désiré avec la phrase plus diplomatique ci-dessus transmet l’information de manière collaborative à votre interlocuteur, qui peut donc se concentrer sur la dimension de votre proposition » explique Josh Doody, auteur de Fearless Salary Negotiation.

« Le reste de la phrase doit être une demande précise, par exemple « … nous pourrions partir sur un salaire de base de 60 000 € », ou « vous pourriez ajouter 100 actions ». Cela est différent de phrases comme « Vous avez une marge de manœuvre ? », qui est vague et laisse la porte ouverte à un « Non » direct risquant de mettre fin à la conversation », poursuit M. Doody.

8. « Si vous pouvez faire ça, c’est bon pour moi. »

Voici un petit secret : très souvent les recruteurs sont aussi impatients que vous de clore les négociations de salaire. Alors, si vous pouvez exprimer clairement ce qui vous ferait accepter une offre, vous rendrez un grand service à votre interlocuteur.

« Lorsque vous arrivez à cette phase de la négociation, il est souhaitable d’indiquer clairement au recruteur qu’un « Oui » terminera la négociation, ce qui le rend plus à l’aise pour accepter », explique M. Doody. Par exemple, vous pouvez dire « Je comprends que ça va être dur pour vous d’arriver à 60 000 €. Mais ce serait formidable d’ajouter cinq jours de vacances supplémentaires aux 55 000 € que vous proposez. Si vous pouvez faire ça, c’est bon pour moi ».

9. « Je préférerais rester. »

Excellente phrase pour ceux qui négocient une augmentation. Pourquoi ? Parce qu’elle fait partie d’une stratégie défendable, explique M. Cohen.

« Une stratégie défendable explique ce que vous voulez, pourquoi vous le voulez et pourquoi il s’agit d’une stratégie gagnant/gagnant pour votre patron et pour vous. L’objectif est de montrer de la valeur et des avantages », explique M. Cohen. Si un salaire bas est un argument décisif, « cherchez à obtenir une proposition que vous pourriez accepter, mais que vous préférez refuser », conseille M. Cohen. « Dites à votre patron que vous avez reçu une offre, qu’elle est intéressante, [mais] que vous préférez rester… Cela coûtera moins cher de vous donner une augmentation que de recruter et former une autre personne ».

Attention cependant : cette phrase n’est pas à prendre à la légère. « Soyez conscient que c’est une proposition risquée : elle pourrait se retourner contre vous.  Alors ne l’employez pas si vous ne voulez pas vraiment partir ou si vous n’avez pas vraiment reçu de proposition valable » prévient M. Cohen.

10. « Puis-je prendre quelques jours pour réfléchir à votre offre ? »

Même si une offre d’emploi dépasse vos attentes, jouez-la tranquille. « La première chose à faire lorsque vous recevez une offre est de demander un peu de temps pour y réfléchir », explique M. Doody. « Cette petite phrase répond à plusieurs objectifs. Tout d’abord, elle vous permet de gagner du temps pour réfléchir à l’offre, de déterminer une contre-offre appropriée et de commencer à monter votre contre-offre. Mais cela vous permet également de transférer la négociation sur e-mail si ce n’est pas déjà fait », explique M. Doody.

C’est d’après lui une des clés pour préparer une contre-offre.

« Il vous faut contrer l’offre par e-mail à chaque fois que cela est possible, car vous pouvez être précis sur ce que vous allez dire exactement. Votre négociation salariale sera plus efficace si vous choisissez le montant de votre contre-offre avec prudence et expliquez clairement pourquoi vous la demandez ».

11. « Merci »

La politesse que vous avez apprise à l’école maternelle ne vous a pas ensuite empêché de devenir quelqu’un ; dans l’environnement professionnel, les bonnes manières peuvent faire une énorme différence !

« À la fin de la discussion salariale, n’oubliez pas de remercier la personne pour le temps qu’elle a passé avec vous, pour rester professionnel jusqu’au bout », explique M. Bakke.

Ce n’est pas qu’une simple question de bonnes manières, c’est aussi que les employeurs sont plus enclins à satisfaire vos demandes s’ils sentent que vous êtes respectueux envers eux.

Bonne chance !