Conseils de carrière

Surcharge de travail : 3 solutions pour ne pas vous mettre en danger et mieux travailler

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« Pas ce week-end, il faut que je travaille », « pas ce soir, j’ai encore du boulot » : la surcharge de travail se repère de multiples manières, et il vaut mieux parler de cet emploi du temps trop rempli avant que vous ne soyez débordé.

Si vous sentez qu’on vous en demande trop, si vous travaillez bien plus d’heures que ce que votre contrat prévoit, découvrez dans cet article comment gérer une surcharge de travail chronique ou passagère.

Existe-t-il une définition exacte de la surcharge de travail ?

Il est très dur de donner une définition de la surcharge de travail : c’est quand un salarié n’a pas le temps de faire ce qu’il doit faire dans les délais impartis.

L’ANACT (l’Agence Nationale de l’Amélioration des Conditions de Travail) la décrit comme « un seuil à partir duquel les risques sur la santé physique et mentale deviennent tangibles ».  Cette surcharge peut engendrer des problèmes tant au niveau de la santé du salarié, que celle de l’entreprise.

On entend les salariés se plaindre d’un déluge de dossiers à traiter, « je suis charrette », « je suis sous l’eau », « je ne vois plus le jour », « j’ai trop de boulot ».

Mais cette surcharge ressentie est très souvent compliquée à quantifier, à estimer vraiment.

Comment estimer la surcharge de travail ?

  • Est-ce qu’il s’agit d’une phase où vous faites trop d’heures d’affilée dans une journée ? Est-ce qu’il s’agit d’un excès de présence au travail dans une semaine ou un mois ?
  • Est-ce lié à un pic d’activité, une surcharge d’activité temporaire, qui disparaîtra dans 15 jours ou un mois ?  
  • Est-ce qu’on vous impose trop de réunions avec trop d’interlocuteurs ?
  • Avez-vous trop de dossiers à gérer ?
  • Votre hiérarchie vous a-t-elle confié un dossier trop complexe, pour lequel vous n’avez pas les compétences techniques ou intellectuelles ? Devez-vous remplacer un N+1 ou un N+2 sur un dossier pour lequel vous n’avez pas toutes les informations ?

Il est très important de distinguer la surcharge de travail passagère, logique, de la surcharge chronique, qui traduit une mauvaise organisation (personnelle ou managériale).  

Quelle que soit la cause, vous vous sentez fatigué, vous avez la sensation que vous en faites trop par rapport à votre bulletin de paie.

Parfois, on peut se sentir surchargé par rapport à des collègues qui ont l’air de partir plus tôt du travail, ou qui en font vraiment moins que vous.

Un des soucis principaux, c’est que notre société valorise les hyperactifs, et que nous sommes contents d’aider nos collègues. Nous voulons être vus comme des collaborateurs dignes de confiance, à qui on peut demander de l’aide.

Le résultat : à force de dire « oui » à tous, vous voici débordé…

Surcharge de travail et confinement : la double peine des femmes ?

De nombreux salariés ressentent encore plus de pression et sont encore plus stressés en cette période de COVID-19.

En effet, de nombreux managers ressentent le besoin de provoquer des réunions très tôt le matin, ou tard le soir, pour s’assurer que « les troupes » soient bien mobilisées.

Dès le début du confinement, en mars 2020, des études sont sorties pour alerter sur le risque psychologique qui allait peser encore plus fort sur les femmes : la double journée, entre l’impératif productif pour l’entreprise, et le fait de se transformer en maîtresse d’école.

Dans la presse, de nombreux témoignages ont permis de mettre en lumière l’importance de la charge mentale, encore plus présente en 2020 à cause du télétravail, et le développement des inégalités hommes-femmes pendant cette crise sanitaire.

En cause selon cet article : l’absence de répartition des tâches ménagères et le souci de la garde des enfants.

Ainsi, on pouvait lire ce témoignage d’une femme qui expliquait pouvoir travailler uniquement le soir, jusqu’à 3 heures du matin, quand ses enfants étaient couchés.

➡️ Relisez notre article : 9 conseils pour promouvoir l’égalité homme-femme au travail

Les signes qui montrent une surcharge de travail

Les signes dans votre emploi du temps

Vous passez de plus en plus de temps au travail, vous allez plus tôt au bureau, vous rentrez plus tard, vos pauses sont plus courtes.

Parfois, vous ramenez même du travail à la maison et vous reprenez vos dossiers le soir après le dîner.

Le cran au-dessus ? C’est quand vous devez même travailler le week-end pour rattraper votre retard.

Si vous vous mettez à travailler avec acharnement, comme le cheval Malabar dans la Ferme des animaux d’Orwell, votre stakhanovisme ne sera pas récompensé. Vous vous dirigez dangereusement vers une zone où vous n’avez plus aucun équilibre entre vie professionnelle et vie privée.

La surcharge de travail peut mener à des nuits blanches au travail, qui peuvent conduire au drame (comme vous l’avez peut-être vu dans la série The Industry, sur les coulisses des grandes banques d’affaires à la City, où les traders jouent parfois avec leur santé pour atteindre leurs objectifs).

Avant, pour en savoir plus sur le style de management et l’ambiance d’une entreprise, vous pouviez vous attarder un peu après un entretien d’embauche pour savoir la vérité derrière la façade.

Désormais, vous pouvez lire directement en ligne les avis des salariés sur leur entreprise.

Les signes physiques de la surcharge de travail

Si vous travaillez beaucoup trop, il se peut que vous commenciez à vous diriger vers le burn-out, cet épuisement physique et mental qui laisse les collaborateurs vidés.

Voici quelques signes qui doivent vous alerter si vous les voyez chez un de vos collègues, ou si vous les ressentez chez vous.

  • Epuisement physique.
  • Epuisement mental.
  • Irritabilité, énervement, sensation d’être à cran.
  • Douleurs physiques (poignets, nuque, dos, yeux qui brûlent, mal de crâne).
  • Pleurs.
  • Troubles du sommeil.
  • Perte d’appétit, troubles de l’appétit.
  • La « boule au ventre » le dimanche après-midi ou le dimanche soir.  
  • Démangeaisons, rougeurs, souci de peau, chute de cheveux.
gerer surcharge travail

A qui parler de cette surcharge de travail ?

Si vous travaillez trop et que vous sentez bien que vous êtes « hors-contrat », essayez d’en parler, ne restez pas seul dans votre coin.

Parfois, le style de management fait que vous vous sentirez sous pression, sans possibilité de parler de toutes ces heures supplémentaires.

Généralement, on n’ose pas en parler de peur de passer pour une personne fragile, de peur de voir nos chances de promotion nous passer sous le nez, ou de voir la prime espérée s’envoler.

On se tait parce que tout le monde endure les mêmes épreuves, parce que vos collègues aussi supportent ce rythme effréné sans se plaindre, même si vous voyez parfois des collègues craquer et tomber en larmes en pleine journée de travail.

Alors vous faites comme tout le monde : vous faites comme si le droit à la déconnexion n’existait pas et vous travaillez le soir et les week-ends, mettant ainsi en danger votre équilibre vie personnelle-vie professionnelle.

La première personne à qui en parler est votre manager.

1/ Discutez de la surcharge de travail avec votre manager

En effet, c’est avec lui que vous devez fixer les objectifs annuels et votre charge de travail.

C’est avec lui que vous devez voir, semaine après semaine, mois après mois, si la charge de travail est cohérente et correspond à vos qualifications et à votre salaire.

Un bon manager saura vous écouter, et vous proposera de trouver des solutions ensemble.

Peut-être faudra-t-il alléger la charge de travail ? Mieux répartir les missions entre vous et vos collègues ? Peut-être faudra-t-il admettre que votre département est sous-staffé et que la pression est trop forte ?

Peut-être votre manager vous proposera-t-il un coaching en organisation et en productivité pour vous aider à mieux vous organiser, et à mieux maîtriser les outils pour travailler plus efficacement ?

En effet, vous perdez peut-être un temps important sur des tâches mineures. Tout le monde n’est pas au courant des meilleures techniques de productivité :

  • Couper les notifications
  • Regarder ses mails 2 à 3 fois par jour seulement
  • Planifier ses tâches la veille
  • Utiliser la matrice d’Eisenhower « important / urgent »
  • Fuir l’open space… 

Demander un coach, demander une formation ou demander de l’aide est un vrai signe de maturité.

Un vrai professionnel sait demander de l’aide quand il en ressent le besoin : vous ne pouvez pas tout faire tout seul. L’admettre ne sera pas vu comme une faute professionnelle mais bel et bien comme une preuve de maturité et de professionnalisme.

Si votre manager est bon, vous redéfinirez alors ensemble :

  1. La charge de travail
  2. L’adéquation entre vos compétences et vos missions
  3. Les délais impartis et l’ordre des priorités

En revanche, si vous êtes déjà en conflit avec votre manager, si la communication passe mal, si vous avez la sensation que vous ne pouvez pas dire non sans craindre pour votre carrière, alors vous pourrez opter pour la deuxième solution.

2/ Discutez de la surcharge de travail avec votre représentant du personnel et les organisations syndicales

Si vous souffrez de cet agenda de ministre que vous imposent vos managers, et si vous ne trouvez aucune oreille bienveillante pour vous écouter, parlez-en à vos représentants du personnel (délégués du personnel, délégués syndicaux, comité d’entreprise (CE), comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT).

Ils seront capables de vous accompagner et vous aideront à voir si votre cas s’apparente à du harcèlement moral. En effet, c’est une des manières faciles de pousser un salarié à la faute : surcharger son emploi du temps pour qu’il ne soit pas capable de rendre les projets dans les délais.

Si la démarche s’avère infructueuse, vous pourrez prendre attache avec le médecin du travail et/ou l’inspecteur du travail. Ces derniers s’entretiendront avec votre employeur afin de lui proposer des mesures visant à rétablir une situation convenable. L’employeur devrait alors tenir compte des suggestions.

3/ En discuter avec un avocat du droit du travail ?

Christophe Noël est avocat en droit du travail et affirme qu’il n’y a pas de définition de la surcharge de travail.

D’un point de vue pratique, la situation de surcharge de travail apparaît à l’occasion des actions judiciaires des salariés devant le conseil de prud’hommes, afin de réclamer le paiement d’heures supplémentaires.

A titre d’exemple, l’article L. 3121-60 du Code du travail, relatif aux forfaits en jours sur l’année, prévoit que « l’employeur s’assure régulièrement que la charge de travail du salarié est raisonnable et permet une bonne répartition dans le temps de son travail » : la charge de travail quant à elle – que l’employeur est pourtant censé contrôler – n’est absolument pas définie…

Source : le blog juridique de Christophe Noël

Et si jamais vous n’obteniez pas satisfaction face à votre manager ou votre direction ?

Malgré nos conseils, nous savons que le monde professionnel n’est pas toujours rose, et que tout le monde n’est pas toujours bienveillant et en quête de solution.

Dans ce cas-là, nous pouvons vous recommander deux options :

  1. Trouver un nouveau job dans une autre entreprise.
  2. Songer à une reconversion professionnelle.